Chapitre 1

Chapitre I

 

J’étais avec mes parents, on revenait de voyage. Ils étaient là, souriant et bavardant, ils étaient heureux… trop heureux… Mon père roulait trop vite, mais comme on était sur la route et ce, en pleine nuit, il n’y avait pas un chat. Ma mère regardait par la fenêtre, ajustait son siège et n’arrêtait pas de bouger, c’était signe qu’elle allait dormir. Moi, je regardais par la fenêtre, ça faisait un bon bout de temps déjà que je regardais le sombre paysage, il me fascinait, je me perdais dans mes pensées. C’est à ce genre de moment ou tout semble s’arrêter, c’est si doux, comme si rien ne pouvait l’arrêter, sauf que là, mon père fit un virage sec, et je n’eux pas le temps de jeter un œil à l’avant que mon corps fut brusquement basculer vers l’avant. Ma ceinture, elle m’avait sauvé la vie, par contre, il en fut autrement pour ma mère. La pauvre, pour arranger les petits trucs pour préparer son sommeil, avait détaché sa ceinture et, dans l’accident, avait  transpercé le pare brise, sa tête s’était fracassée sur la chaussée à une vitesse folle car j’entendu un son, un son que je n’oublierai jamais, mais qui pourtant, reste indescriptible. J’ouvrai les yeux, j’ai finalement compris et une larme se mit à couler sur ma joue, je levai mes yeux et vis mon père, ou du moins, ce qu’il en restait. La voiture que nous avions percutée était entrée du côté conducteur, ce qui enleva toutes les chances à mon père de survivre. Mes yeux étaient imbibé d’eau, je ne comprenais pas, je regardai la dépouille et me dis-je : pourquoi, pourquoi à moi !? Je ne voulais pas rester là à rien faire, je détachai ma ceinture et c’est là que je vis ma blessure, ma jambe était coincé sous le siège de mon père. Je tentais en vain de me sortir ma jambe, mais sans succès, le poids était beaucoup trop lourd et en plus, la peine que j’éprouvais me faisait perdre la tête, et ma force.

 

Il y avait beaucoup trop de chose dans ma tête, je souffrais énormément, ma vie venait de s’écrouler, tout ce que je voulais, c’était mourir, je voulais arrêter ce cauchemar et vite. Je poussai le siège de toute mes forces qui me restait et une poussée d’adrénaline vint m’aider et ma jambe pu finalement sortir. Cependant, en laissant le siège,  une partie du corps de mon père tomba et glissa jusqu’à moi et me fit frémir. J’étais ébranlé, dois-je la toucher, me demandais-je. Pris de peur de défonçai la portière et me jeta hors de la voiture. Je n’y avais pas touché, mes yeux m’avaient suffisamment convaincus. Je me relevai et je regardai l’état pitoyable de la voiture, je jetai un coup d’œil au loin, je pouvais y discerner, malgré tout le noir autour, une longue ligne droite, c’était pareil de l’autre côté. Je tremblais et j’avais de la difficulté à me tenir debout. Ma mère était couché sur le sol et je m’approchai doucement tout en versant une larme qui elle, était glacée. Je touchai sa main et senti un mouvement en elle. Une petite voix, sortie de sa bouche

- Je… t’aim… aime…

Sa main était devenue molle, je la lâchai et je me recroquevillai à côté, attendant que quelqu’un arrive.

 

En dehors de l’affreuse scène à laquelle j’assistais, rien ne se passait quand soudain la portière de l’autre véhicule s’ouvrit, un homme en sortit presque indemne, je le regardai, il marchait croche mais pourtant il ne semblait pas blessé.

- Est-ce que ça va ? Lançai-je difficilement

- Qui… moi… bah oui, répondu-t-il

- À quoi vous jouer, pourquoi vous souriez comme ça ? Dis-je en le dévisageant

Il était ivre, ça se voyait, je sentais même l’alcool jusqu’à mon nez. Il n’était pas très grand, habillé pauvrement avec un bonnet rouge foncé et un gilet blanc sale troué sous un manteau déchiré.

 

Je serrai les poings et me releva, la rage de me venger, la rage de le faire souffrir, de le tuer, voilà ce à quoi je pensais. Il ne mérite pas la vie, il vient d’assassiner 2 personnes et c’est moi et moi seul qui lui règlera son compte à cet être pourri de la société. Je m’avançai près de lui et lui envoya un coup de poing qui le mis à terre, avec mes pieds, je lui sautai sur le visage pour qu’il souffre. Juste avant de lui donner le coup final, une sirène retentit, la police avait aperçu le feu et voilà qu’elle se dirigeait à toute allure vers les lieux. J’eux pour réflexe de lâcher l’homme et je retournai proche de ma mère, je voulais la protéger.

 

La voiture s’arrêta et une femme en sorti, habillé en policière elle me demanda si j’allais bien, je ne répondu pas à cette question, elle s’approcha de l’homme ivre qui gisait au sol

- Petit, c’est tu toi qui lui as fait ça ? Me demanda la policière.

Je restai muet. Une autre personne sortit du véhicule, un homme à la stature imposante et il s’approcha de moi.

- Il ne parle pas, sans doute qu’il a eu un choque trop grand, lui dis la policière.

- Surement, je ferais probablement la même chose si… cela m’arrivait.

- Viens plutôt m’aider, l’homme ici a besoin de soin

- J’arrive, les secours ne devraient pas tarder petit.

Les policiers, je voulais les tasser de là pour qu’il me laisse finir mon boulot, j’avais à le tuer, il n’avait pas le droit de conduire ivre et encore moins de tuer mes parents ! Le temps passa, deux ambulance sont venues et ont embarqué l’ivre et ensuite moi. Je m’assois et l’ambulancier me demanda, as-tu mal quelque part ? Ça voix était rassurante, bien sur, c’était un homme qui avait souvent vu la mort, il était un peu âgé et très sympathique, je répondu que non, tout allait bien. À la seconde après je fondu en larme, j’ai enfin compris que non seulement, mes parents étaient mort de façon injuste et que leur meurtrier allait survivre.

- On arrive bientôt Benoit ? Demanda l’ambulancier.

- Encore deux minutes pas plus ! Lui répondit-il.

Ce fut silence le reste du voyage, on entendait seulement moi qui pleurait et la route.

 

Arrivé à l’hôpital, tout s’enchaina, médecin, docteur, infirmière, tout était rapide et je ne comprenais plus rien. La civière sur laquelle j’étais fini par s’arrêter dans une chambre à 2ème étage. Benoit sortit de la pièce l’autre ambulancier resta près de moi, il s’assied et me dis

- Garde courage, t’en ai suffisamment capable.

Il me regarda quelques secondes et parti rejoindre son compagnon. Je me couchai mais je ne pouvais fermer l’œil. Son visage était tout ce que j’avais en tête, le visage du meurtrier. Barbe mal rasé, mâchoire croche, nez remonté, vraiment un gars qui avait pas réussi dans la vie. Était-se un sourire ? Oui j’en étais sur. Pensé à sa mort me rendait heureux, ma haine me permettait d’échapper à cette tristesse.

 - Bonjour jeune homme, me dis une voix d’une jeune femme, je vais prendre ta température et t’examiner un peu.

Je la laissai faire, à quoi ça me servirait de me battre contre elle, elle n’a rien fait, non ? Elle avait de beaux cheveux, ils étaient très soyeux et ils étaient ondulés parfaitement. Son visage rond me souriait, un sourire qui était bien plus qu’anodin, il était réconfortant. Je ne souriais pas et ne parlais pas, elle a sortit son stéthoscope  et examina

- Prend de grandes respirations et un peu plus de tenu s’il te plait, me demanda-t-elle.

Après quelques secondes

- Ton cœur bat affreusement vite, tu sais pourquoi ? Bon il est tard, tu dois te reposer.

Elle fit quelques pas et me dis

- Au faite mon nom c’est Ariane, et le tient ?

- Euh… Lu… Lucas.

- Beau nom

Elle me fit un clin d’œil accompagné d’un sourire et disparu. Je me couchai, mais je n’arrivais pas à dormir, sans doute la mort de mes parents qui me tracassait. De plus tout était flou, cet Ariane ignorait tout sur moi car elle ne m’aurait jamais approché comme ça. Je tentai d’échapper à toutes ses pensées mais ce fut finalement que quelques heures plus tard que je trouvai enfin le sommeil, un court sommeil.

 

Dans mon rêve, je revoyais sans cesse l’accident, le son du pare-brise qui se fracasse et ce bruit qui broie les os de mon père, je voulais me réveiller mais je ne pouvais pas, j’en avais assez, je voulais que tout s’arrête et vite, mais je n’y pouvais rien, ça ne faisait que jouer et rejouer. Ça devait faire au moins dix fois que je revoyais la scène, c’était trop, le fait de l’avoir vécu était déjà de trop, vous ne trouvez pas ? Cependant, un élément changea, une lumière, une intense lumière du moment où je regardais à l’extérieur me mis hors de mon sommeil et un sursaut me vint rapidement et je me réveillai. La lumière du soleil déjà bien haut me brulait les yeux. La télévision de la chambre était ouverte et j’entendais difficilement ce qui y jouait. Je tentais d’écouter et j’ai pu entendre des mots tels que : Maman, laisse moi allé dehors. Je me suis dis tout franchement, surement un de ses films purement mauvais des années 90. Je refermai les yeux et en un instant, une souffrance traversa mon corps. Je rouvris mes yeux et attendis patiemment. Il n’y avait pas vraiment d’activité j’étais seul dans la chambre, n’entendant seulement que la télévision.

 

Plusieurs minutes s’écoulèrent et finalement, une infirmière entra dans la chambre et m’offrit un déjeuné. Je refusai, je n’avais pas faim, au faite, qui a faim à des moments pareils ?

- Pourquoi ne veux-tu pas manger ? me demanda-t-elle.

- Parce que, répondis-je doucement

- Bon, je te forcerai pas à faire quelque chose que tu ne veux pas, elle prit le plat et s’en alla.

Enfin débarrassé d’elle, me dis-je. Je me levai et j’allai voir la télévision. C’était bel et bien un film pourri des années 90, pourtant, j’étais figé devant l’écran, à savoir pourquoi. Le film fini, je me relevai et je sortis de la chambre. J’étais toujours habillé en civil et un docteur m’interpella et je le rejoignis.

- Lucas, c’est ça ? m’interrogea-t-il

- Oui… répondis-je

- Bien, suis-moi.

Je le suivis et nous entrâmes dans une salle d’examen. Ce ne fut pas très long, seulement quelques petits test, j’étais en pleine forme physique.

- Monsieur ? Tentai-je

- Oui, me répondit-il

- Je… ma jambe s’est coincé durant l’accident, pourtant, j’ai pas mal, pouvez-vous l’examiner ?

- Tu marchais normalement il me semble, mais comme tu veux, on va aller prendre des radiographies.

 

Le docteur apporta les radiographies et me dit

- Il y a eu déplacement de l’os et  ton péroné est un peu endommagé, pourtant, tu dis que tu ne ressens rien ?

- Je vous jure monsieur, vous avez vue de vos propre yeux, ça n’a rien changé.

- Bon, nous allons te poser un plâtre pour quelques semaines, ça te va ?

- Je crois, oui…

- Bon à présent retourne dans ta chambre et patiente un peu, l’infirmière va venir te porter ton dîner.

Je partis, sachant très bien que je ne mangerai pas, j’avais beaucoup trop de peine pour manger, je ne pleurais pas, mais je souriais encore moins. Rendu à ma chambre, j’aperçus le plat sur la table et me dis, bon pourquoi ne pas y goûter. J’ouvris le plat, c’était un macaroni au fromage généreusement garni. Je pris une boucher et une autre et encore une autre, à la fin, il ne restait plus rien, j’avais finalement mangé comme il se devait, à savoir pourquoi.

 

Ariane entra dans la chambre et m’indiqua de la suivre, ce que je fis. Elle m’amena dans une salle où le docteur préparait son plâtre. Ce ne fut pas très long, cependant, je devais à présent utiliser des béquilles, Cela ne m’intéressait guère. Je pouvais enfin sortir de l’hôpital, mais il y avait un problème, je n’avais nulle part où aller, je n’étais même pas dans la même ville où j’habitais, aussi, pourquoi personne n’est venue me voir ? Pourtant, il devrait le savoir. Déjà que j’avais tout dépensé l’argent de ma fête durant le voyage, il ne me restera jamais assez pour passer ne serais-ce qu’une nuit dans un endroit confortable.

 

Je me mis à marcher et c’est là qu’Ariane m’interpella, j’avais surement oublié quelque chose dans la chambre. Je me retournai et la rejoignis.

- C’est quoi le problème? Lui dis-je

- J’ai vue que tu n’as eu aucune visite de proche, pourtant, après ce qu’il s’est passé… Me répondit-elle un peu gênée

- Effectivement, j’ai mon oncle Robert qui habite à Québec, peut-être qu’ils son en chemin.

- J’espère bien car ils n’ont pas le droit de t’abandonner comme ça !

Je remarquai qu’elle semblait m’apprécier, mais je me dis, voyons, je viens tout juste d’avoir 15 ans, et elle doit en avoir au moins 20.

- Si ils ne sont pas là à neuf heure, je t’emmène chez moi, tu veux ?

Je dois avouer que je n’avais nulle part où aller et je me sentais bien avec elle.

- C’est d’accord !

Nous attendîmes toujours sans nouvelles, pas même un coup de fil. Après de longues discussions avec elle, je commençai à la connaitre, elle aimait les sushis et était fan de tout ce qui était bio, genre de fille moderne quoi ! J’ai pu comprendre également qu’elle était altruiste et qu’être infirmière signifiait bien plus qu’un simple métier, c’était sa passion. Je ne parlais pas trop, je l’écoutais et ça me suffisait.

- Et toi Lucas, tu veux faire quel métier plus tard ?

- Je ne sais pas trop, j’hésite encore.

- T’hésites entre quoi ?

- J’aime bien les arts, surtout… le chant…

- Tu chantes !?

Elle le cria si fort que tout monde nous regardait, j’étais gêné.

- Oui, je chante, mais je ne suis pas très bon.

- Voyons, si tu veux tu peux non ?

- Oui… Répondis-je déçu

- Allez, il commence à se faire tard, il est passé neuf heure depuis déjà 15 bonnes minutes.

- DÉJÀ !!!!

- Le temps passe vite en bonne compagnie. Bon, attends un peu je vais chercher mes affaires, on va chez moi.

 

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